Ebola en RDC en chiffres : que disent les statistiques de l’épidémie de 2026 ?

Mise à jour : 14 septembre 2026
L’épidémie actuelle de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo constitue l’un des événements épidémiologiques les plus importants de l’année 2026. Contrairement à une présentation centrée sur les symptômes ou la prévention, l’analyse des données permet de mesurer objectivement l’ampleur, la létalité et la dynamique géographique de l’épidémie.
Les données rapportées au 10 septembre 2026 permettent déjà de dégager plusieurs indicateurs statistiques majeurs.

1. Plus de 7 000 cas confirmés
Au 10 septembre 2026, la RDC avait enregistré :
- 7 022 cas confirmés
- 3 398 décès
- 1 671 personnes guéries
- 837 patients hospitalisés dans les centres de traitement
- 62 zones de santé affectées
- 7 provinces touchées
La létalité brute calculée à partir des cas confirmés et des décès est de 48,4 %.
Autrement dit, sur 100 personnes ayant un cas confirmé dans les données disponibles, environ 48 sont décédées. Il s’agit d’un indicateur épidémiologique particulièrement élevé.
2. Une létalité proche de 50 %
La létalité est calculée selon la formule :
Létalité (%) = (Nombre de décès ÷ Nombre de cas) × 100
Dans ce cas :
(3 398 ÷ 7 022) × 100 ≈ 48,4 %
Cette statistique doit toutefois être interprétée avec prudence. Une létalité observée pendant une épidémie ne correspond pas nécessairement au risque individuel de mourir pour une personne infectée, car les données évoluent avec le temps, les cas peuvent être détectés avec retard et la proportion de cas encore hospitalisés peut modifier temporairement le rapport décès/cas.
3. L’Ituri concentre l’essentiel des cas
L’épidémie présente une forte concentration géographique.
Selon les données disponibles, l’Ituri reste largement l’épicentre avec environ 5 538 cas confirmés et 2 524 décès au 10 septembre.
Le Nord-Kivu arrive ensuite avec environ 1 182 cas et 746 décès.
Les autres provinces présentent des nombres beaucoup plus faibles :
| Province | Cas confirmés | Décès |
|---|---|---|
| Ituri | 5 538 | 2 524 |
| Nord-Kivu | 1 182 | 746 |
| Haut-Uélé | 270 | 114 |
| Tshopo | 24 | 9 |
| Sud-Kivu | 3 | 1 |
| Bas-Uélé | 4 | 3 |
| Sud-Ubangi | 1 | 1 |
Ces chiffres montrent que l’épidémie n’est pas répartie uniformément sur le territoire national. L’Ituri demeure le principal foyer de transmission, tandis que l’apparition de nouveaux cas dans d’autres provinces traduit une extension géographique progressive.
4. Une nouvelle province touchée
Le Sud-Ubangi est devenu la septième province de la RDC touchée par l’épidémie.
Un premier cas confirmé a été signalé dans la zone de santé de Bulu/Gbulu. La personne concernée, un homme de 23 ans, est décédée.
Cette nouvelle extension est statistiquement importante : elle montre que l’épidémie ne reste plus limitée aux principaux foyers de l’est et du nord-est du pays.

5. Une moyenne de plus de 80 nouveaux cas par jour
Les données du bulletin du 10 septembre permettent également d’observer la dynamique récente.
Au cours des dernières 24 heures :
- 80 nouveaux cas confirmés
- 49 nouveaux décès
- 24 nouvelles guérisons
Sur les sept jours précédents, la moyenne était d’environ :
83,7 nouveaux cas par jour
et
43,3 décès par jour.
Ces moyennes sont particulièrement utiles pour suivre l’évolution de l’épidémie, car le nombre cumulé de cas augmente mécaniquement avec le temps. Pour évaluer une épidémie en cours, les indicateurs quotidiens et hebdomadaires donnent donc une meilleure idée de sa dynamique.
6. Combien de patients ont survécu ?
Au 10 septembre, 1 671 personnes étaient déclarées guéries.
Rapporté aux 7 022 cas confirmés :
1 671 ÷ 7 022 × 100 ≈ 23,8 %
Environ 24 % des cas confirmés avaient donc été enregistrés comme guéris à cette date.
Il faut néanmoins éviter de soustraire simplement les décès et les guérisons pour déterminer le risque final de décès, car 837 patients étaient encore hospitalisés. L’issue de leur maladie n’était donc pas encore connue.
7. Une épidémie géographiquement étendue
Au 10 septembre, l’épidémie concernait 62 zones de santé réparties dans sept provinces.
Cette extension géographique constitue un indicateur important en santé publique. Une épidémie qui touche progressivement davantage de zones augmente la complexité de la surveillance, du dépistage, de la recherche des contacts et de la prise en charge.
L’OMS avait déjà rapporté, au 7 septembre, 61 zones de santé affectées dans six provinces. L’apparition du cas du Sud-Ubangi a donc porté le nombre de provinces concernées à sept.
8. Que nous disent réellement ces chiffres ?
Trois tendances statistiques ressortent particulièrement :
1. Une forte mortalité.
Avec une létalité d’environ 48,4 %, près d’un cas confirmé sur deux correspondait à un décès dans les données cumulées disponibles.
2. Une concentration majeure en Ituri.
Avec plus de 5 500 cas, l’Ituri représente de très loin le principal foyer épidémique.
3. Une expansion géographique persistante.
Le passage à sept provinces montre que le problème n’est plus uniquement localisé dans l’épicentre initial.
L’OMS considère d’ailleurs cette épidémie comme la plus importante jamais enregistrée pour le virus Ebola de Bundibugyo, et comme la deuxième plus importante épidémie d’Ebola en nombre de cas après celle d’Afrique de l’Ouest de 2014–2016.
9. Une précision importante sur l’interprétation des statistiques
Les chiffres d’une épidémie évoluent constamment.
Un nombre élevé de nouveaux cas peut parfois traduire une augmentation réelle de la transmission, mais aussi une amélioration de la surveillance, des capacités diagnostiques ou la récupération de données précédemment non rapportées.
L’OMS souligne justement qu’une partie de l’augmentation récente peut être liée au renforcement de la surveillance, des tests de laboratoire et à la réconciliation des données, en plus de la transmission communautaire persistante.
Il est donc essentiel de ne pas interpréter un seul indicateur isolément.
Conclusion
Au 10 septembre 2026, l’épidémie d’Ebola en RDC avait atteint 7 022 cas confirmés et 3 398 décès, avec une létalité brute de 48,4 %. Elle concernait 62 zones de santé dans sept provinces, avec une concentration particulièrement importante en Ituri et une transmission toujours active dans plusieurs autres régions.
Au-delà du nombre total de cas, les statistiques montrent surtout une épidémie caractérisée par une forte létalité, une transmission persistante et une extension géographique progressive.
Pour les professionnels de santé publique, le suivi quotidien du nombre de cas, des décès, des guérisons, de la létalité, de la distribution géographique et de la vitesse de propagation reste essentiel pour comprendre l’évolution de l’épidémie et orienter la réponse sanitaire.
Sources : OMS, Africa CDC/rapports de situation et Institut national de santé publique de la RDC.