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Ebola en RDC : plus de 4 000 morts, entre amélioration de la situation et vigilance nécessaire

La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle épreuve majeure de santé publique. L’épidémie de maladie à virus Ebola a désormais dépassé le seuil des 4 000 décès, avec 8 300 cas confirmés rapportés dans sept provinces du pays. Selon les données communiquées par l’Institut national de santé publique, 4 018 personnes sont décédées et plus de 2 000 autres ont été déclarées guéries.

Cette flambée, provoquée par le virus Ebola de l’espèce Bundibugyo, est devenue la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, dépassant le bilan de l’épidémie de 2018-2020. Les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Bas-Uélé, du Haut-Uélé, de la Tshopo et du Sud-Ubangi sont concernées.

Une situation qui reste préoccupante

Malgré ce bilan lourd, les autorités sanitaires congolaises estiment que la dynamique de l’épidémie montre des signes d’amélioration.

Lors d’un point de presse à Kinshasa, le ministre de la Santé, Dr Samuel Roger Kamba, a déclaré que « le pic est derrière nous ». Selon les autorités, plusieurs zones de santé ne signalent plus de nouveaux cas depuis plusieurs semaines, permettant de concentrer davantage les interventions sur les zones où la transmission persiste.

Cette évolution encourageante ne signifie toutefois pas que l’épidémie est terminée. La transmission continue dans certaines régions, notamment dans l’est du pays. Les acteurs de la riposte appellent donc à maintenir la surveillance, le suivi des contacts, l’identification précoce des cas et l’engagement des communautés.

La communauté au cœur de la riposte

L’un des principaux défis demeure la détection tardive des malades. L’OMS souligne que de nombreux décès surviennent encore dans les communautés, chez des personnes qui n’avaient pas été identifiées comme contacts et qui n’ont pas pu accéder suffisamment tôt aux structures de soins.

La lutte contre Ebola ne repose donc pas uniquement sur les structures hospitalières. Elle nécessite également la participation des familles, des leaders communautaires, des professionnels de santé, des organisations de la société civile et des partenaires humanitaires.

La communication sur les risques, la confiance entre les communautés et les équipes de riposte ainsi que l’accès rapide aux soins restent essentiels pour interrompre les chaînes de transmission.

Chaque vie compte

Face à cette crise, la mobilisation doit se poursuivre. En septembre, le gouvernement congolais et ses partenaires ont lancé un plan révisé de riposte de 180 jours, axé notamment sur la surveillance épidémiologique, la recherche des contacts, la prise en charge, la communication des risques et l’engagement communautaire. Les besoins financiers de ce plan sont estimés à 1,3 milliard de dollars américains.

Alors que certains indicateurs montrent une évolution favorable, le dépassement du seuil des 4 000 décès rappelle avec force le coût humain de cette épidémie.

Pour la RDC, l’enjeu des prochaines semaines sera donc double : consolider les progrès réalisés tout en évitant tout relâchement de la vigilance.

La lutte contre Ebola est une responsabilité collective. Elle exige des ressources, des professionnels de santé protégés et soutenus, une information fiable et accessible, mais aussi la confiance et la participation des communautés.

Chaque cas détecté à temps peut sauver une vie. Chaque contact suivi peut interrompre une chaîne de transmission. Et chaque vie sauvée compte.

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